Culture scientifique
Un trou de ver, solution d'équation ou objet réel ?
Un trou de ver est une solution mathématique des équations de la relativité générale qui relierait deux points éloignés de l'espace-temps par un…
À Saint-Malo, l'eau peut monter de plus de treize mètres entre la marée basse et la marée haute, quand elle dépasse à peine trente centimètres à Marseille le même jour. Cette différence ne tient pas au hasard : elle résulte de la façon dont la Lune, puis le Soleil, déforment la pellicule d'eau qui recouvre la Terre, et de la géométrie propre à chaque bassin. Nous détaillons ici ce mécanisme avec le calcul qui le sous-tend, plutôt que de nous contenter de l'énoncer.
La Lune n'attire pas la Terre de façon uniforme. Elle exerce une attraction plus forte sur la face du globe qui lui fait face que sur le centre de la Terre, et plus faible encore sur la face opposée. Cette différence, appelée force de marée, étire l'enveloppe d'eau des océans en deux bourrelets, l'un tourné vers la Lune, l'autre à l'opposé exact. La Terre tourne sur elle-même en une journée : chaque littoral traverse donc successivement les deux bourrelets, d'où deux marées hautes et deux marées basses.
Le mécanisme se déroule en quatre étapes :
À retenir
Source : article « Marée », fr.wikipedia.org, consulté le 31 août 2026.
La Terre effectue une rotation complète sur elle-même en 24 heures. Mais pendant ce temps, la Lune poursuit sa propre course autour de la Terre. Un point du littoral qui doit repasser exactement sous la Lune attend donc un peu plus longtemps qu'un tour complet : il faut environ 24 heures et 50 minutes. C'est ce qu'on appelle le jour lunaire.
Selon Les marées explications simples, l'eau monte ou descend quatre fois par jour lunaire, et l'horaire de chaque marée recule en moyenne de 50 minutes d'un jour sur l'autre. Ce décalage n'est pas rigide : il peut varier localement entre 35 minutes et près d'une heure selon la côte et les courants.
En divisant ces 24 h 50 par les quatre événements de marée du cycle, on obtient un intervalle moyen d'environ 6 heures et 12 minutes entre une marée haute et la marée basse suivante. Cette durée reste une moyenne : la forme du littoral et les courants locaux la font varier d'un port à l'autre.
Le Soleil est bien plus massif que la Lune, mais il se trouve aussi beaucoup plus loin. Or la force de marée décroît avec le cube de la distance, pas simplement avec la masse.
Cet effet solaire ne s'ajoute pas toujours dans le même sens. Deux fois par mois, à la nouvelle lune et à la pleine lune, le Soleil, la Terre et la Lune s'alignent : c'est la syzygie. Les deux forces de marée s'additionnent alors, ce qui produit les vives-eaux, marées d'amplitude maximale. À l'inverse, au premier et au dernier quartier, la Lune et le Soleil forment un angle droit par rapport à la Terre : c'est la quadrature. Les deux forces se contrarient partiellement, ce qui donne les mortes-eaux, marées d'amplitude réduite.
Un point de méthode compte ici : c'est l'alignement des trois astres qui déclenche vives-eaux et mortes-eaux, pas une variation de la distance réelle Terre-Lune à cet instant précis. Confondre les deux revient à prendre une coïncidence de calendrier pour une cause physique, alors que la seule géométrie explique le phénomène.
Prenons une amplitude lunaire de référence de 1,00 m. En vive-eau, les deux forces s'additionnent : 1,00 plus 0,46, soit 1,46 m. En morte-eau, elles se soustraient : 1,00 moins 0,46, soit 0,54 m. Ce calcul reste théorique : il isole l'effet Soleil-Lune sans tenir compte de la forme des côtes.

Le coefficient 20 correspond au minimum théorique, observé lors des mortes-eaux les plus creuses.
| Plage de coefficient | Situation lunaire | Marnage attendu |
|---|---|---|
| 20 à 45 | Mortes-eaux (quadrature) | Faible |
| 45 à 95 | Situation intermédiaire | Moyen |
Ce chiffre reste national et théorique. Il indique une tendance d'amplitude, valable partout sur le littoral le même jour, mais la hauteur d'eau réelle dépend ensuite de la géométrie de chaque port : une baie en entonnoir amplifie le marnage, une côte rectiligne l'atténue.
Sur la façade atlantique, à la pleine lune et lors des grandes marées dites « malines », le marnage peut atteindre environ 7 m, selon Rochefort Océan (rochefort-ocean.com, consulté le 31 août 2026). En période de mortes-eaux, avec un coefficient proche de 45 à 50, le marnage reste nettement plus faible sur ce même site. Un coefficient élevé signale donc une amplitude forte, pas une hauteur d'eau absolue : celle-ci dépend toujours de la configuration du port observé, deux ports pouvant afficher le même coefficient pour des marnages très différents.
La Lune et le Soleil agissent partout sur Terre de la même façon : la Méditerranée n'échappe pas à la force de marée. Ce qui change, c'est la réponse du bassin, pour deux raisons distinctes.
D'abord, la Méditerranée communique avec l'océan Atlantique, où se forme la véritable onde de marée, par le seul détroit de Gibraltar. Ce passage est trop étroit pour renouveler assez d'eau à chaque cycle : l'essentiel de l'onde atlantique reste à l'extérieur du bassin.
Ensuite, la taille et la forme du bassin méditerranéen ne correspondent pas au rythme semi-diurne d'environ 12 h 25 entre deux passages successifs des bourrelets. Pour qu'une mer amplifie la marée par résonance, sa géométrie doit être accordée à ce rythme, comme c'est le cas en Manche. Ce n'est pas le cas ici. Résultat : un marnage de l'ordre de quelques décimètres en Méditerranée, contre plusieurs mètres sur la façade atlantique.
Piège fréquent : estimer une marée « à vue de nez » d'après la phase de la Lune visible dans le ciel. Une pleine lune bien ronde ne suffit pas à prédire un fort marnage localement : encore faut-il connaître le coefficient officiel du jour et la géométrie du port concerné.
Deux confusions reviennent souvent. La première consiste à croire qu'une pleine lune, à elle seule, provoque mécaniquement une marée plus forte : c'est en réalité son alignement avec le Soleil, combiné à la forme locale de la côte, qui détermine le résultat. La seconde consiste à généraliser un coefficient national à toutes les côtes, en oubliant qu'un même coefficient peut donner un marnage de quelques décimètres dans un bassin fermé et de plusieurs mètres dans une baie en entonnoir.
Pour tout usage pratique en mer, une seule règle : consulter les tables officielles publiées par le service hydrographique et océanographique de la marine pour le port concerné, plutôt que de raisonner par analogie avec un autre littoral.
Les marées naissent de la force différentielle exercée par la Lune, et dans une moindre mesure par le Soleil, sur les masses d'eau des océans. Cette force étire l'eau en deux bourrelets opposés ; la rotation de la Terre fait passer chaque littoral sous ces bourrelets, provoquant l'alternance de marées hautes et basses.
La Lune attire plus fort le côté de la Terre qui lui fait face que le côté opposé, ce qui forme deux bourrelets d'eau symétriques. La Terre tournant sur elle-même en environ 24 heures, chaque littoral traverse successivement ces deux bourrelets, d'où deux marées hautes par jour lunaire.
L'eau ne disparaît pas : elle se déplace vers le bourrelet océanique situé ailleurs sur le globe, entraînée par la force de marée. Localement, le niveau baisse simplement parce que la masse d'eau se concentre à ce moment-là sur une autre partie du littoral.
La Méditerranée communique avec l'Atlantique, où naît la véritable onde de marée, par le seul détroit de Gibraltar, trop étroit pour la transmettre efficacement. Son bassin n'est pas non plus accordé au rythme des marées : le marnage y reste limité à quelques décimètres.
Il reste théorique : le marnage réel dépend ensuite du port.
Un cycle complet dure environ 24 heures et 50 minutes, le temps que la Terre rattrape le déplacement de la Lune sur son orbite. Il comprend en moyenne deux marées hautes et deux marées basses, séparées d'environ 6 heures et 12 minutes chacune.
Retenons l'essentiel : la marée résulte d'une différence de force, pas d'une attraction brute, ce qui explique le double bourrelet et les deux marées quotidiennes. Avant de sortir en bord de mer, vérifiez ce coefficient et l'horaire local plutôt que de vous fier à une impression générale.
Non, c'est un indice national théorique ; le marnage réel dépend aussi de la forme de la côte, donc deux ports au même coefficient peuvent afficher des hauteurs d'eau très différentes.
Non, ce qui compte est l'alignement angulaire avec le Soleil (syzygie), pas une distance réduite ; c'est cet alignement qui additionne les forces lunaire et solaire.
Une force de marée théorique s'y exerce, mais leur surface est trop petite pour produire un bourrelet mesurable à l'œil nu.
Il fait surtout monter le niveau moyen de la mer, un phénomène distinct du mécanisme gravitationnel des marées ; les deux ne doivent pas être confondus.
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