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Équation de la photosynthèse : d'où vient vraiment l'oxygène ?

L'équation bilan de la photosynthèse s'écrit 6 CO2 + 6 H2O → C6H12O6 + 6 O2. Six molécules de dioxyde de carbone et six d'eau, sous l'action de la lumière et de la chlorophylle, produisent une molécule de glucose et six molécules de dioxygène. Ce dioxygène provient de l'eau, pas du CO2.

9 min de lecture Découverte mis à jour le 09/09/2026 par

Équation de la photosynthèse : d'où vient vraiment l'oxygène ?

Chaque année, la même copie revient : l'élève écrit que le dioxygène libéré par la plante vient du CO2 absorbé, alors qu'il vient de l'eau. Cette confusion, nous l'avons corrigée des dizaines de fois, sur des copies de troisième comme sur des textes destinés à un comité de lecture. L'équation 6 CO2 + 6 H2O → C6H12O6 + 6 O2 paraît simple, mais chaque terme cache un piège si on ne prend pas le temps de le vérifier.

Que signifie vraiment l'équation 6 CO2 + 6 H2O → C6H12O6 + 6 O2 ?

L'équation bilan de la photosynthèse s'écrit 6 CO2 + 6 H2O → C6H12O6 + 6 O2, une réaction qui transforme six molécules de dioxyde de carbone et six molécules d'eau en une molécule de glucose et six molécules de dioxygène, grâce à l'énergie lumineuse captée par la chlorophylle. Cette écriture simplifiée, reprise par exemple par le site growled.fr (2025), reste la référence la plus enseignée en classe de troisième et de seconde.

Le carbone du glucose provient entièrement du CO2 atmosphérique : la plante prélève ce gaz par les stomates de ses feuilles et l'incorpore, molécule par molécule, dans la chaîne de synthèse du sucre. L'oxygène rejeté, en revanche, ne vient pas de ce même CO2. Il provient de l'eau, scindée par la lumière lors d'une étape appelée photolyse. La lumière fournit l'énergie nécessaire à cette rupture des molécules d'eau, tandis que la chlorophylle, pigment vert logé dans les chloroplastes, capte les photons et les convertit en énergie chimique utilisable par la cellule.

Piège fréquent : beaucoup d'élèves pensent que le dioxygène libéré provient du CO2, par simple analogie visuelle avec les deux "O" de la formule. C'est inexact. Les atomes d'oxygène du dioxygène proviennent exclusivement de la photolyse de l'eau, jamais de la rupture du CO2. Cette confusion, si elle passe un contrôle sans correction, entraîne presque toujours une mauvaise explication du rôle de l'eau dans la réaction.

Pourquoi certains manuels écrivent-ils 12 H2O au lieu de 6 ?

Certains ouvrages, comme le rappelle le site OSI Perception, présentent une version détaillée de l'équation : 6 CO2 + 12 H2O → C6H12O6 + 6 O2 + 6 H2O. Dans cette écriture, douze molécules d'eau entrent dans la réaction, mais six sont régénérées à la fin du processus. Le bilan net revient donc à consommer six molécules d'eau, exactement comme dans la version simplifiée.

Les deux écritures sont correctes. La première, avec 6 H2O, donne le bilan net, pratique pour retenir les proportions. La seconde, avec 12 H2O, détaille le mécanisme réel, où l'eau apparaît à la fois comme réactif et comme produit. Un enseignant peut légitimement exiger l'une ou l'autre selon le niveau visé, du moment que l'élève comprend qu'il ne s'agit pas de deux réactions différentes, mais de deux niveaux de détail d'un même processus chimique.

Comment établir l'équation de réaction de la photosynthèse à partir de sa modélisation ?, par Physique Chimie Lib

Quelles sont les deux phases qui composent la photosynthèse ?

La photosynthèse ne se déroule pas en une seule étape. Elle combine deux phases distinctes, séparées dans l'espace du chloroplaste mais couplées sur le plan biochimique :

  1. La phase claire, qui se déroule dans les thylakoïdes, membranes internes du chloroplaste. Elle dépend directement de la lumière : c'est ici que se produit la photolyse de l'eau, qui libère des électrons, des protons et du dioxygène. Cette phase produit aussi deux transporteurs d'énergie, l'ATP et le NADPH, indispensables à l'étape suivante.
  2. La phase de fixation du carbone, aussi appelée cycle de Calvin, qui se déroule dans le stroma, la matrice liquide du chloroplaste. Elle utilise le CO2 atmosphérique, ainsi que l'ATP et le NADPH fournis par la phase claire, pour construire des molécules de glucose.

Ces deux phases ne sont pas indépendantes : sans la phase claire, la seconde manquerait d'énergie ; sans la seconde, le CO2 ne serait jamais transformé en matière organique. Elles se déroulent néanmoins dans deux compartiments différents du chloroplaste, ce qui explique pourquoi les manuels les présentent souvent séparément, comme deux ateliers d'une même usine cellulaire.

La phase sombre a-t-elle vraiment besoin d'obscurité ?

Le nom "phase sombre" est trompeur. Il ne signifie pas que cette étape nécessite l'obscurité, mais seulement qu'elle ne dépend pas directement de la lumière pour fonctionner. Elle se déroule tout aussi bien en plein jour, du moment que l'ATP et le NADPH produits par la phase claire sont disponibles en quantité suffisante.

En pratique, chez une plante exposée au soleil, les deux phases fonctionnent donc simultanément pendant la journée : la phase claire alimente en continu la phase de fixation du carbone. C'est pourquoi de nombreux enseignants préfèrent aujourd'hui l'appellation "phase de fixation du carbone" ou "cycle de Calvin", plus fidèle au mécanisme, plutôt que "phase sombre", qui prête à confusion sur le rôle réel de la lumière.

Comment calculer la masse de glucose produite à partir d'une quantité de CO2 ?

Avec l'équation 6 CO2 + 6 H2O → C6H12O6 + 6 O2, six moles de CO2 produisent une mole de glucose, dans un rapport stœchiométrique de 6 pour 1.

  1. Convertir la masse de CO2 en moles. La masse molaire du CO2 est de 44 g/mol (12 g/mol pour le carbone, 16 g/mol pour chaque atome d'oxygène, soit 12 + 16 + 16).
  2. Appliquer le rapport stœchiométrique. L'équation indique que 6 moles de CO2 produisent 1 mole de glucose. Avec 6 moles de CO2 disponibles, on obtient donc exactement 1 mole de glucose.
  3. Convertir cette mole de glucose en masse. La masse molaire du glucose (C6H12O6) est de 180 g/mol (6×12 pour le carbone, 12×1 pour l'hydrogène, 6×16 pour l'oxygène, soit 72 + 12 + 96). Une mole de glucose pèse donc 180 g.

Ce raisonnement, fondé sur les proportions fixes de l'équation bilan, fonctionne à n'importe quelle échelle : il suffit de multiplier ou diviser toutes les quantités par le même facteur.

À quoi sert la masse molaire dans ce calcul ?

La masse molaire, exprimée en g/mol, sert d'intermédiaire obligé entre une masse mesurable au laboratoire, en grammes, et le nombre de moles, seule grandeur directement utilisable dans les proportions d'une équation chimique. Sans cette conversion, impossible de savoir combien de "paquets" de molécules correspondent à une masse donnée.

La formule à retenir est simple : quantité de matière (mol) = masse (g) / masse molaire (g/mol). Exemple : pour 88 g de CO2, on calcule n = 88 / 44 = 2 mol. Cette même logique s'applique à n'importe quelle espèce chimique, à condition de connaître sa masse molaire exacte.

La respiration est-elle simplement l'inverse de la photosynthèse ?

La respiration est-elle simplement l'inverse de la photosynthèse ?

L'équation de la respiration cellulaire, C6H12O6 + 6 O2 → 6 CO2 + 6 H2O, ressemble à l'inverse exact de celle de la photosynthèse, mais les deux réactions ne se produisent ni au même endroit, ni selon le même rythme. Le tableau ci-dessous compare leurs caractéristiques essentielles.

PhotosynthèseRespiration cellulaire
RéactifsCO2 + H2OGlucose + O2
ProduitsGlucose + O2CO2 + H2O
Lieu dans la celluleChloroplasteMitochondrie
Besoin de lumièreOui, indispensableNon, fonctionne sans lumière
Moment de la journéeUniquement quand la lumière est suffisanteEn continu, jour et nuit

Cette symétrie apparente des formules chimiques ne doit pas laisser croire à un simple aller-retour mécanique. La photosynthèse s'arrête dès que la lumière manque, alors que la respiration cellulaire, elle, se poursuit sans interruption dans toutes les cellules vivantes de la plante. Les deux réactions coexistent, mais ne s'équilibrent pas nécessairement à chaque instant.

Ces deux réactions se produisent-elles au même moment ?

La respiration cellulaire fonctionne en permanence, jour et nuit, dans toutes les cellules de la plante, car elle fournit l'énergie nécessaire à leur fonctionnement de base. La photosynthèse, elle, ne s'active que lorsque la lumière est suffisante, généralement entre le lever et le coucher du soleil.

La nuit, seule la respiration se poursuit : la plante consomme alors du dioxygène et rejette du CO2, sans aucune compensation par la photosynthèse. C'est pourquoi une plante peut, sur une période de 24 heures, être globalement productrice nette de matière organique si la journée a été suffisamment lumineuse, ou au contraire légèrement déficitaire si les conditions ont été mauvaises. Le bilan dépend de l'équilibre entre les deux processus sur la durée, jamais d'un seul instant isolé.

Que retiennent vraiment les élèves de cette équation, et où se trompent-ils ?

Sur les forums d'entraide scolaire, l'erreur la plus souvent signalée concerne l'origine du dioxygène libéré : de nombreux élèves attribuent, à tort, sa provenance au CO2 plutôt qu'à l'eau. Vient ensuite la confusion entre nombre de molécules et nombre d'atomes lors de l'équilibrage : certains comptent les atomes d'oxygène présents dans les réactifs sans vérifier qu'ils correspondent exactement au total des produits, ce qui fausse tout le raisonnement stœchiométrique.

Une troisième difficulté, moins commentée mais tout aussi fréquente, porte sur la coexistence des deux écritures de l'équation, avec 6 H2O ou avec 12 H2O. Certains élèves pensent qu'il s'agit de deux réactions différentes, alors qu'il s'agit du même processus décrit à deux niveaux de détail.

À retenir :

  • L'oxygène libéré par la photosynthèse provient de la photolyse de l'eau, pas du CO2.
  • Une équation chimique doit être équilibrée en nombre d'atomes de chaque côté de la flèche, pas seulement en nombre de molécules.
  • Photosynthèse et respiration cellulaire ne sont pas de simples miroirs temporels : elles ont des rythmes et des lieux différents dans la cellule.

Retenez ces trois points : le carbone du glucose vient du CO2, l'oxygène rejeté vient de l'eau, et la photosynthèse n'est pas l'inverse exact de la respiration dans le temps. Avant d'écrire cette équation dans une copie ou un article, vérifiez l'équilibre de chaque molécule : six CO2, six H2O, six O2, un seul glucose.

Questions fréquentes

Pourquoi l'oxygène rejeté par la photosynthèse provient-il de l'eau et non du CO2 ?

Les expériences de marquage isotopique à l'oxygène 18 montrent que le dioxygène libéré vient de la photolyse de l'eau, pas du dioxyde de carbone.

Quelle est la différence entre l'équation simplifiée et l'équation détaillée avec 12 H2O ?

La version détaillée montre que douze molécules d'eau sont consommées et six régénérées, soit un bilan net de six molécules d'eau, identique à la version simplifiée.

La photosynthèse s'arrête-t-elle la nuit ?

Oui, la phase claire nécessite la lumière ; sans elle, seule la respiration cellulaire se poursuit dans la plante.

Le glucose produit par la photosynthèse reste-t-il sous cette forme dans la plante ?

Une partie est transformée en amidon pour le stockage, une autre est utilisée immédiatement par la respiration cellulaire de la plante.

Sources

  • Ministère de l'Éducation nationale, programmes de sciences de la vie et de la Terre, Eduscol. eduscol.education.fr
  • Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, dossiers sur la photosynthèse et le cycle du carbone. inrae.fr
  • Muséum national d'Histoire naturelle, ressources de botanique. mnhn.fr

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